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Affaire Safarov - Le Parlement européen dénonce à son tour l'Azerbaïdjan

l'eurodéputée Marie-Christine Vergiat (France, GUE) a
fustigé la duplicité de l'Azerbaïdjan durant les débats
Le Parlement européen réuni en session plénière ce jeudi 13 septembre 2012 a adopté une résolution condamnant l'accueil triomphal fait par les autorités de Bakou à Ramil Safarov. La résolution d'urgence "sur les cas de violation des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit" a été adoptée par 58 voix contre 13 et 5 abstentions.

En 2004, celui que l'on surnomme désormais le "boucher de Budapest" avait décapité à la hache un officier arménien pendant son sommeil. Emprisonné en Hongrie où il avait commis son crime, Safarov a été récemment transféré dans son pays, l'Azerbaïdjan, où il a été accueilli comme héros national en raison du racisme d'Etat promu par ce pays à l'encontre des Arméniens dans le monde. Le transfèrement et la glorification de Safarov ont  provoqué un tollé international.


Dans sa résolution d'urgence, le Parlement européen "dénonce l'accueil réservé en Azerbaïdjan au 'héros' Safarov ainsi que la décision de le promouvoir au grade de commandant et de lui verser huit ans d'arriérés de salaire à son arrivée" et se dit ainsi "préoccupé par l'exemple ainsi donné aux futures générations".

L'assemblé de Strasbourg estime également que "même si la grâce présidentielle accordée à Ramil Safarov est conforme à la lettre de la convention sur le transfèrement des personnes condamnées, elle est contraire à l'esprit de cet accord international négocié pour permettre aux personnes qui ont été condamnées sur le territoire d'un État d'être transférées pour purger le restant de leur peine sur le territoire d'un autre État" et elle voit "dans la grâce présidentielle accordée à Ramil Safarov une violation des assurances diplomatiques que la demande azerbaïdjanaise de transfert fondée sur la convention sur le transfèrement des personnes condamnées entendait donner aux autorités hongroises".

Durant les débats, le gouvernement Orban et la légèreté avec laquelle il a agit en la matière, ont été également critiqués avec force. 

Au final, le Parlement européen a adopté un texte de synthèse proposé par la quasi-totalité des forces politiques à l'exception notable des libéraux de l'ALDE. On ne peut exclure que la position des libéraux ait été fortement influencée par des considérations énergétiques - comme l'a sous-entendu l'eurodéputé estonienne Kristiina Ojuland (ALDE) durant son intervention - en dépit du potentiel déclinant de l'Azerbaïdjan en la matière.Une position qui contraste fortement avec celle exprimée durant ces même débats par la Commission qui - par la voix de Mme Androulla Vassiliou - a condamné sans appel l'attitude de l'Azerbaïdjan dans cette affaire

A quelques jours de la venue controversée en France de son dictateur Ilham Aliev, l'Azerbaïdjan apparaît de plus en plus isolé sur la scène internationale.

Des différences notable avec le texte voté peuvent résulter des amendements adoptés


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